Samedi 01 Septembre 2007

Jean Hubert était en Indes pour dénicher un modèle original qui manquait dans la collection d?Yvan : Une Enfield Bullet 350.




15 jours fabuleux pour découvrir des us et coutumes lointaines mais aussi des plages et bien sûr les Mandirs, ces fameux temples hindous, richement décorés de mille sculpture, souvent érotiques...

Elle cogne cette brêle, la future moto d'Yvan, qu'un magasin de type confidentiel (les gros concessionnaires ne sont pas légion dans cette partie des Indes) m'a poussé entre les pattes pour un prix made in marché noir.

Il s'agit d'une Bullet en haillon dont on se demande comment elle peut rouler encore, et surtout si elle ne va pas perdre cette bonne habitude d'une seconde à l'autre, en même temps que ses ultimes boulons. Prenez une meute de chiens branchés sur une femelle avenante. Accrochez à chacun une guirlande de rétroviseurs et de pots d'échappements Racing à la queue et vous obtiendrez à peu près le fracas délicieux du trois et demi Indien.

Notez bien que personne ne se retourne sur moi pour autant. Des épaves déglinguées super pourries, y'en a plein Bombay. Des vieillardes ferrailleuses, asthmatiques, ruinées, aux pneus lisses, aux bougies éteintes, aux chemises déchirées, mais qui roulent encore, vaille que vaille sur les routes (hum, hum - vive notre DDE) tantôt surchauffées avec brouillard en cette période de mousson, tantôt détrempées par les pluies diluviennes qui s?abattent régulièrement dessus.

Je suis pas fier sur la Enfield. Elle pue l'huile brûlée (kilométrage assurée), l'acier surchauffé, le caoutchouc décomposé, l'essence et les fuites à l'échappement sont nombreuses. Une odeur de bottes de motards et de chaudière malade, voilà !

Je suis sur la route fleurie qui serpente dans la vallée de Goa. De belles fleurs rouges garnissent les fossés. Je me rappelle plus leurs blazes, ç'à n'a pas d'importance. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'elles coûtent très cher chez votre fleuriste, alors qu'ici, elles emmerdent plus que le chiendent. Comme quoi, le monde souffre d'une mauvaise répartition de ses produits. Car il n'y a pas de raison qu'au Danemark on ne sache pas ou donner de l'ogive à tête plongeante, tellement les gonzesses sont fastoche à étaler, alors que, dans certain patelins timorés, hommes et femmes se manoeuvrent à la paluche, étant farouchement solitaires les uns des autres.

Je traverse quelques villages pauvrets, aux maisons cubiques, dont la plupart sont en moellons bruts. Des stores jaunis au soleil, des rideaux de perles devant les portes, des chiens errants, des vaches en pagaille, des gens qui se soulagent à même le sol, une crasse désespérément tenace et soigneusement cultivée et enrichie, des gamins qui gambadent à peine que pour quémander ou se nourrir au milieu des immondices qui jonchent certaines rues, en compagnie de gorets et de rats ! Un pied de thé à côté du seuil. Des bassines sur les marches. Des nourrissons. Des vieilles mobs Et de la joie. Beaucoup de joie simple. Ah ! la joie des pauvres, quel bonheur !

Je roule dans l'âcreté de mon mono grand sport (rouler dessus, çà oui, c'est du sport).

En arrivant sur Hampi, par une route très propre, la banlieue chic me saute aux yeux. Je la suis sur quelques kilomètres et je vois indiqué « Golf ». A la première bretelle, je quitte la route bleue pour plonger dans une mer de bananiers pareils à d'énorme poireaux. C'est le coin résidentiel comme il en existe un peu partout dans le monde, avec des propriétés cossues, aux grandes constructions blanches. Les pins parasols et les palmiers se livrent une lutte d'influence. Des haies vives cernent ces aimables domaines vacanciers. On découvre même du gazon vert vif , et des massifs floraux bien léchés. Des allées gravillonneuses ; des portiques où jouent de beaux et gros enfants auquel on n'a pas oublié de faire le rappel du B.C.G.

Le coin est douillet. Les bagnoles en stationnement sont des Japonaises rutilantes ou des Mercédès grasses comme l'Allemagne. Bref je suis dans la partie aristocratique de la région. D'ailleurs, un golf, vous remarquerez, ça veut tout dire. N'en trouverez jamais à Clichy sous Bois ou à Viry-Chatillon, des golfs. Dans la banlieue de Denain non plus. Pas d'avantage à Vénissieux où à Montceaux-les-Mines.

Deux facettes des Indes donc ; et puis des castes, des traditions et de la religion.

Je me suis arrêté pour laisser refroidir la moto et fumer une clope locale, douce et agréable, du genre pas mauvaise et qui détends bien.

Dès demain, j'ai 800 km à faire pour déposer la moto dans un port près de Goa, direction l'Europe. Yvan l'a récupèrera à Marseille.
Au bas mot 18 à 20 heures de trajet, sur des routes improbables, où le klaxon est roi, la circulation périlleuse, les pièges trop nombreux. Et des pannes, beaucoup de pannes en perspective. Assez parlé, en route pour une séance photo, juste en dessous.

Freudeurik D.


Une ch'ite route


Jean-Hub



Des fleurs



La grande gare des bus



Ces sacrées vaches



Un Rick, Chaud !



Moi pas lire Sahib



Le guichet de la grande gare




Un Sadou



Des Sadous et Jean Hubert





Un aprenti Sadhu



T'aimes des jus de canne à sucre, goùt mobylette ?




Une belle femme




Vue imprenable de Bombay




Buffles au court-bouillon




Un temple habité par les singes



Des toits plats



Bouillon de culture et autres microbes



 

Une gentillomière

 

J'espère que cela vous a plut.









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La moto d'Yvan c'est la moto de tout le monde. Retrouvez la vôtre aux USA, au Brésil ou en Indes. Découvrez diverses chroniques la tête dans le guidon.
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