Jean Hubert était en Indes pour dénicher un modèle original qui manquait dans la collection d?Yvan : Une Enfield Bullet 350.

15 jours fabuleux pour découvrir des us et coutumes lointaines mais aussi des plages et bien sûr les Mandirs, ces fameux temples hindous, richement décorés de mille sculpture, souvent érotiques...
Elle cogne cette brêle, la future moto d'Yvan, qu'un magasin de type confidentiel (les gros concessionnaires ne sont pas légion dans cette partie des Indes) m'a poussé entre les pattes pour un prix made in marché noir.
Il s'agit d'une Bullet en haillon dont on se demande comment elle peut rouler encore, et surtout si elle ne va pas perdre cette bonne habitude d'une seconde à l'autre, en même temps que ses ultimes boulons. Prenez une meute de chiens branchés sur une femelle avenante. Accrochez à chacun une guirlande de rétroviseurs et de pots d'échappements Racing à la queue et vous obtiendrez à peu près le fracas délicieux du trois et demi Indien.
Notez bien que personne ne se retourne sur moi pour autant. Des épaves déglinguées super pourries, y'en a plein Bombay. Des vieillardes ferrailleuses, asthmatiques, ruinées, aux pneus lisses, aux bougies éteintes, aux chemises déchirées, mais qui roulent encore, vaille que vaille sur les routes (hum, hum - vive notre DDE) tantôt surchauffées avec brouillard en cette période de mousson, tantôt détrempées par les pluies diluviennes qui s?abattent régulièrement dessus.
Je suis pas fier sur la Enfield. Elle pue l'huile brûlée (kilométrage assurée), l'acier surchauffé, le caoutchouc décomposé, l'essence et les fuites à l'échappement sont nombreuses. Une odeur de bottes de motards et de chaudière malade, voilà !
Je suis sur la route fleurie qui serpente dans la vallée de Goa. De belles fleurs rouges garnissent les fossés. Je me rappelle plus leurs blazes, ç'à n'a pas d'importance. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'elles coûtent très cher chez votre fleuriste, alors qu'ici, elles emmerdent plus que le chiendent. Comme quoi, le monde souffre d'une mauvaise répartition de ses produits. Car il n'y a pas de raison qu'au Danemark on ne sache pas ou donner de l'ogive à tête plongeante, tellement les gonzesses sont fastoche à étaler, alors que, dans certain patelins timorés, hommes et femmes se manoeuvrent à la paluche, étant farouchement solitaires les uns des autres.
Je traverse quelques villages pauvrets, aux maisons cubiques, dont la plupart sont en moellons bruts. Des stores jaunis au soleil, des rideaux de perles devant les portes, des chiens errants, des vaches en pagaille, des gens qui se soulagent à même le sol, une crasse désespérément tenace et soigneusement cultivée et enrichie, des gamins qui gambadent à peine que pour quémander ou se nourrir au milieu des immondices qui jonchent certaines rues, en compagnie de gorets et de rats ! Un pied de thé à côté du seuil. Des bassines sur les marches. Des nourrissons. Des vieilles mobs Et de
Je roule dans l'âcreté de mon mono grand sport (rouler dessus, çà oui, c'est du sport).
En arrivant sur Hampi, par une route très propre, la banlieue chic me saute aux yeux. Je la suis sur quelques kilomètres et je vois indiqué « Golf ». A la première bretelle, je quitte la route bleue pour plonger dans une mer de bananiers pareils à d'énorme poireaux. C'est le coin résidentiel comme il en existe un peu partout dans le monde, avec des propriétés cossues, aux grandes constructions blanches. Les pins parasols et les palmiers se livrent une lutte d'influence. Des haies vives cernent ces aimables domaines vacanciers. On découvre même du gazon vert vif , et des massifs floraux bien léchés. Des allées gravillonneuses ; des portiques où jouent de beaux et gros enfants auquel on n'a pas oublié de faire le rappel du B.C.G.
Le coin est douillet. Les bagnoles en stationnement sont des Japonaises rutilantes ou des Mercédès grasses comme l'Allemagne. Bref je suis dans la partie aristocratique de
Deux facettes des Indes donc ; et puis des castes, des traditions et de la religion.
Je me suis arrêté pour laisser refroidir la moto et fumer une clope locale, douce et agréable, du genre pas mauvaise et qui détends bien.
Dès demain, j'ai
Au bas mot 18 à 20 heures de trajet, sur des routes improbables, où le klaxon est roi, la circulation périlleuse, les pièges trop nombreux. Et des pannes, beaucoup de pannes en perspective. Assez parlé, en route pour une séance photo, juste en dessous.
Freudeurik D.
Une ch'ite route


Des fleurs

La grande gare des bus


Un Rick, Chaud !

Moi pas lire Sahib

Le guichet de la grande gare

Un Sadou

Des Sadous et Jean Hubert

Un aprenti Sadhu

T'aimes des jus de canne à sucre, goùt mobylette ?

Une belle femme

Vue imprenable de Bombay

Buffles au court-bouillon

Un temple habité par les singes

Des toits plats

Bouillon de culture et autres microbes

Une gentillomière

J'espère que cela vous a plut.
RamÓn coupe le moteur de la Honda d’Yvan et tout sourire tends sùs papeles Francéses aux gardes frontières chargés de vérifier le trafic des Gringos entrant dans le pays.
Agréablement surpris, les gardes accueillent RamÓn avec beaucoup d’égards. Au Mexique on aime bien les Français, car venus jadis leur donner un bon coup de main, ils ont depuis droit de cité sur tout le territoire.
Et RamÓn cause parfaitement l’espagnol.
La XR est en règle et il joue les touristes tranquilles. Il désire se rendre à Acapulco en prenant les chemins de traverses. C’est en longeant la côte Pacifique, qu’il va enfin pouvoir se reposer des sa longue traversée Américaine. Parti 22 jours plus tôt de Boston (où, il a récupéré la moto d’Yvan, une superbe 600 XR rouge et bleue), il a voyagé au travers toute l’Amérique de W, se nourrissant de steak archi cuits et ravitaillé plus de 40 fois la Honda. Il a naturellement emprunté la mythique route 66 (enfin ce qu’il en reste) bien après Nashville. A la sortie de Boston il avait taillé la route direction Pittsburgh traversant les longues plaines très chiantes de Pennsylvanie, pour découvrir une ville miroir impressionnante. Des buildings extraordinaires tout de verre et d’acier, dans un décor montagneux monumental. Il a visité cette belle citée, s’est régalé en découvrant le musée des chemins de fer et fit route vers l’ouest.
Il a traversé l’Arkansas, à soigneusement évité Dallas, pour se pointer comme une fleur à El Paso, capitale mondiale de la botte. Là, après avoir fait l’emplette d’une paire de Mexicaines, il s’est restauré dans un estanco Mexicain et a regardé la carte routière du Mexique. Il décide ne pas passer par le poste frontière de C. Juarez en remontant plus à l’ouest. Il fait un temps superbe pour un mois de décembre mais il est vrai que l’équateur se rapproche. La route est dégagée, les panneaux sont à nouveaux en km et la limite maxi est passée à 120 km/h. Il ouvre tranquille, les virolos sont cool et la moto d’Yvan tourne comme une horloge. Il attaque un raidillon à allure soutenue, négocie son virage avec aisance et doit déjà piller comme un forcené : ces messieurs du comité de réception sont là, à l’attendre, épatés par le bruit du mono Honda qui gronde depuis 2 bornes à leurs oreilles. L’acoustique est stupéfiante entre ces collines et renvoie le son mélodieux du XR avec force.
L’arrivée de RamÓn, la roue arrière en vrac amuse beaucoup les gardes qui espèrent le bon ricain en mal de Mariejeanne et qu’ils vont pouvoir plumer ou mieux, embarquer au poste pour un interrogatoire surprise. Et chez eux, les gens sont s’y accueillants, que lorsqu’un individu étranger, donc louche est invité à passer à table, le sévice est toujours compris !
Et tout rentre dans l’ordre. Alors RamÓn reprends sa route, salué par ses nouveaux amis. Etrange, que cette réponse à sa question posée juste avant de repartir, alors qu’il s’inquiétait de dégoter un petit coin peinard pour passer la nuit !
Amigo lui a dit le garde (textuel) : si tu veux te réveiller demain matin, à la première station service, glisse toi entre deux camions et tu pourras dormir tranquille !
A l’entrée d’Hermosillo, il avise un singulier panneau qui propose deux routes possibles. La première, écrite en gras vante une arrivée dans la ville sans stress. La seconde modestement indique : Hermosillo, route gratuite. RamÓn ne se pose pas de question et emprunte la bande de goudron la moins chère. Cette bande d’asphalte se dégrade un peu par endroits mais reste très carrossable. Hermosillo 26 km, une paille. La moto d’Yvan se joue des nids de poule de plus en plus fréquents, sautille sur les bosses formées par un goudron recuit au soleil, et doit quand même stopper devant une faille copieuse, pleine de gravas et de terre blanche. Au Mexique, c’est comme çà les routes gratuites, elles ne sont plus entretenues que par de gentils cantonniers paresseux, qui manquent de tout. Alors on remblaie comme on peut. Mais un 600 XR, çà passe partout, il faut juste que RamÓn reste vigilant, pour franchir ces nouveaux pièges.
Près de Los Mochis, RamÓn est à nouveau confronté au choix cornélien du bitume ou sentier muletier. Quand on aime l’enduro et que l’on est équipé de la moto d’Yvan, çà devient grandiose. RamÓn s’habitue très bien à sa nouvelle vie mexicaine. Le panard, c’est lorsque le soir venu il entre dans un patelin perdu pour se ravitailler et part vers les plages superbe du Pacifique pour y passer la nuit à la belle étoile. Au matin, la baignade est de rigueur. Après un frugal déjeuner, il contrôle le niveau d’huile et inspecte la Honda. RAS. Il peut tracer vers Mazatlán, prochaine étape de son périple. La ville est d’importance et toutes les routes sont correctes. Il a enfin vu sur les bas côtés de la grande route, les fameux Angeles Verdes, qui assistent les voyageurs en détresse. Ils ont des gros 4X4, les anges verts, drôlement équipés qu’ils sont. Mais comme ils ne sont pas partout, RamÓn s’est substitué à eux, sauvant un jeune Mexicain bien embêté par la pompe à essence de son vieux Toyota. En faisant halte sur un parc en retrait de la route, il a vu ce type, le capot du pick-up dressé vers le ciel qui semblait regretter d’être là.
RamÓn se présente, s’informe et trouve la parade : prenez un bidon, on va le remplir d’essence, le placer sur le toit et un long tuyau le reliera au carburateur.
Par gravité, l’essence coulera jusqu’aux carbu, rendant possible un déplacement jusqu’au garage le plus proche. Par sécurité, RamÓn le suivra un bout de chemin.
Bon an, mal an ils arrivent chez le réparateur local qui prend en charge le tacot de Diego qui pour remercier RamÓn l’invite dans un bar typiquement local.
Diego monte derrière RamÓn sur la moto d’Yvan et se rendent dans la banlieue proche pour faire halte devant une grange ! Etrange endroit pour un bistrot se dit RamÓn ; mais confiant, il suit son nouveau copain à l’intérieur.
A l’intérieur, justement il n’y a personne. Des tables de quatre, un comptoir de bois, une estrade et absolument rien sur les murs blanchis à la chaux composent cet étrange lieu (en espagnol : ùn lugar extraño).
Assieds toi lui Diego, ils ne vont pas tarder à arriver. En effet, un type se pointe dans les 2 minutes, la main lestée d’un seau en fer qu’il dépose sans un mot à leurs pieds.
Connaisseur, Diego plonge la main dans le seau plein de glace et en sort 2 Tecate. RamÓn choppe la bière très rafraîchie et déjà cherche son couteau suisse. Amusé, Diego lui montre les ouvre-bouteilles fichés sur chacun des pieds de la table. A la troisième binouze, un bonhomme basané entre et sans mot dire se pose à une table voisine. Immédiatement le seau de fer est amené par le muet de tout à l’heure qui re disparaît, happé par son immense comptoir. Deux bières se passent et déjà la moitié de la salle est remplie. Il 11 h 30, il fait chaud, la Tecate toujours fraîche et le seau semble intarissable. La vie est belle. Diego et RamÓn, l’alcool aidant s’entendent comme larrons en foire.
Midi, Diego déniche les deux dernières bières au fond du seau, maintenant plein de flotte. Les étiquettes surnagent mollement à la surface légèrement grisée de colle. RamÓn quant à lui a aussi la langue qui colle et son copain Diego est lui aussi grisé. RamÓn va pisser, longtemps puis revient à la table où l’attends une belle assiette de soupe. Elle est très chaude, odorante et les morceaux de poissons qui la compose sont appétissants.
Madré dé dios, elle est sacrément relevée cette soupe, mais tellement suave au goût, que nos deux boit-sans-soif hèlent un serveur qui passe entre les tables, des seaux à chaque bras. Ils trinquent joyeusement et se tournent vers les gars qui investissent l’estrade, les mains pleines d’instruments de musique : guitare, accordéon, trompette, flûte, guitare à nouveau, planche à laver et voilà que les musicos attaque le bœuf pour se dérouiller les instruments et chauffer la salle.
Pendant ce temps, Diego et RamÓn attaque voracement la dorade grillée, qu’un serveur vient de distribuer également à tous les hommes présents dans la salle.
_Ici c’est ainsi explique Diego. On boit et on mange, en écoutant de la musique.
_Les femmes n’ont pas le droit de venir s’inquiète RamÓn ?
_Non, répond Diego, elles ont le droit de venir, mais ne sont jamais venues. Elles préfèrent les bars du centre ville, plus colorés et moins bruyants.
Il est vrai que les musiciens se la donne à donf et que la température a drôlement monté depuis une heure. Quelques Mexicains se dandinent devant l’orchestre une bière à la main l’air ravi.
RamÓn est bien mûr maintenant, quant à Diego qui est tombé de sa chaise et il rigole dans la sciure, ivre mort.
A eux deux, ils ont descendus deux seaux entiers et ne désespèrent pas de voir le fond du troisième !
C’est vers cinq heures de l’aprèm. qu’ils se sont soutenus pour rejoindre la moto d’Yvan qui les attendait bien sagement sous le soleil.
Dire que ce fut du sport pour nos deux compères de rallier le garage automobile est un euphémisme. Une expédition ! Bilan : un levier d’embrayage pété, deux clignos démantelés, un repose pieds arraché, sélecteur et guidon tordus, tout çà en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Complaisants, les gens du garage ont arrangés les choses avec imagination et célérité.
Naturellement il est convenus que RamÓn dormira ce soir chez Diego, pour reprendre sa route le lendemain, après une bonne nuit de repos et probablement un gros mal de crâne.
Au matin après une bonne douche froide (Diego n’a pas l’eau chaude dans sa maison) RamÓn est reparti vers Puerto Vallarta à dos de moto.
D’ici trois ou quatre jours, il sera alors en vue d’Acapulco, où son ami Hubert lui a réservé une chambre dans son petit motel, au terminus de son voyage.
La moto d’Yvan pourra être fière d’avoir emmené RamÓn sans encombres au terme de son voyage Mexicain…

Avec la moto d’Yvan, Valérie en 1987, a participé au sauvetage d’un type qui était resté accroché au pare-chocs d’un truck sur une high-way quelconque (la douze ; la douze blazy exactement), prisonnier de son fauteuil roulant encastré dans les ferrailles de la calandre.
Voici l’histoire contée par Valérie.
Le tétraplégique Richardson (c’est un nom d’emprunt) a été happé par un camion, parce que les boosters de son fauteuil étaient à l’agonie. Il était resté au beau milieu de la chaussée, sur un passage réservé aux handicapés (faites gaffe en traversant, on n’est pas toujours à moto non plus).
Son moteur est en rade.
Il gueule de faire attention, autorise son sauvetage, mais surgit un gros camion qui ne le voit pas et qui te me le soulève de terre, l’emportant avec lui.
Richardson est enlevé. Kidnappé !
Le bahut trace sa route la musique forte mais modérée, parcours
Mile 38, Valérie qui vient juste de faire le plein de son 600 Blackbird enquille la bretelle qui la poste en amont du mélomane au douze roues,peut-être futur handicapicide.
Son moteur n’est pas encore à la bonne température, alors elle ouvre pas trop les gaz. A droite : personne, à gauche non plus, seul un camion montre ses fesses à plus d’une borne. La route est droite et fait chaud aussi. Valérie me raconte qu’à ce moment là, elle a accéléré franchement et le camion a grossi. Quand elle a vue sa plaque d’immatriculation, elle a ralenti car rien n’est plus traître qu’un radar malencontreusement masqué par un camion, quelques
Valérie freine, et fais des signes qu’elle croit susceptibles de faire stopper le monstre. Macache, le gros cul accélère, klaxonne et double notre copine dans un fracas poussiéreux. Il est probablement à
Il est 15 heures 10 et un petit avion d’épandage prends son envol non loin de la scène. Il vire sur l’aile et mate de derrière son cockpit une bécane qui fait des embardées sévères devant un gros Mack bleu et noir. Intrigué, il prends la suite de ce curieux convoi et passe à très basse altitude au dessus des trois lascars. Il voit alors et comprend la situation. Il se déporte un peu, et en rase mottes coupe la route du camion pour le forcer à ralentir. Valérie à profité de la diversion du Piper pour imposer au chauffeur de lever le pied. Il a enfin compris et stoppe
Valérie se marre encore en évoquant cette épisode alors qu’elle était au guidon de la moto d’Yvan..
Fin.